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#jobdedemain : la facilitation graphique au service du management et de l’apprentissage

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Talentis aime s’entourer au quotidien et lors de projets de grande ampleur de métiers innovants et de nouveaux talents. Focus aujourd’hui sur la facilitation graphique : depuis plus de deux ans, Talentis travaille avec Guillaume Lagane, facilitateur graphique, qui surprend et séduit à chaque intervention par sa justesse et son talent.

  • Pour les néophytes, quelle est votre définition de la facilitation graphique ?

La facilitation graphique c’est mettre tous les outils possibles de la visualisation au service des interactions. La facilitation graphique intervient dans un contexte particulier qui est celui des interactions : ce processus est donc utilisé dans le but de travailler, d’enregistrer, de synthétiser, de donner du sens à la discussion, et contribuer à l’intelligence collective.

  • Est-ce un processus alternatif au mindmapping ou complémentaire ?

Le mindmapping est une technique de prise de note, de synthèse, de visualisation, de développement personnel. Il est également utile au service des groupes. Je l’utilise souvent en facilitation graphique.

  • Pourquoi avoir choisi d’être facilitateur graphique ? Quel est votre parcours ?

J’ai été diplômé en 2007 de l’Ecole de commerce ESSCA. J’ai réalisé mon stage de fin d’étude chez CapGemini ASE (Accelerating Solutions Environment) pendant 8 mois : un lieu et des nouvelles méthodes de travail et de collaboration que CapGemini proposait à ses clients pour développer l’intelligence collective et accélerer les prises de décisions. 8 mois qui m’ont permis d’assister à une trentaine d’événements et de découvrir les méthodes collaboratives.

J’ai donc chassé l’idée de devenir consultant et je me suis lancé. Je suis rentré au service du réseau d’indépendants, prestataire de Capgemini ASE. Au sein de ce réseau, j’ai pu découvrir l’ensemble des leviers de facilitation. J’ai choisi la facilitation graphique.

Par la suite, j’ai créé en 2009 mon entreprise (Facilitation graphique). Je travaille surtout au service des réseaux d’indépendants, des sociétés de conseil, de coaching et des boites de communication. Je touche à tous les secteurs d’activité, de 6 à 1000 personnes. En termes de chiffres, je suis présent sur une cinquantaine d’événements dans l’année, dont 10% avec Talentis.

  • Dans quels contextes intervenez-vous ?

Sur le terrain de jeu des interactions, j’interviens le plus souvent avant/pendant/après les sessions collaboratives. Séminaires, workshops particulièrement. Réunions, Conventions, brainstormings créatifs, world café, etc. Des systèmes d’information bancaires aux stratégies d’ONGs, à la politique en passant par les clubs de foot ou les cliniques, les décideurs trouvent tous les jours des raisons de se rassembler.

  • Dans les séminaires de management ou de leadership, quelle est la valeur ajoutée de ce processus ?

Pour faire simple, je donne à voir ce qui se dit. Il y a une réelle complexité parfois à décoder les idées et les interactions lorsqu’un groupe de personnes papote. Je dois donc faire en sorte de prendre en compte les messages clés de l’échange, modéliser les enjeux qui en ressortent et les objectifs à se donner. Tout ça en évitant un dessin comique, une caricature ou de tomber dans la dactylographie.

D’un point de vue plus cérébral, je vais en fait stimuler notre partie du cerveau qui comprend, suscite l’intérêt et retient à long terme. Et comme les choses sont bien faites, cette partie du cerveau retient mieux avec les dessins.

  • Selon vous, la facilitation graphique est-elle une nouvelle forme d’apprentissage ? Si oui, à quels enjeux répond-t-elle ?

La facilitation graphique est un vrai levier qui facilite n’importe quel type d’apprentissage. Toute seule elle n’existe pas, elle n’existe que par les échanges. Le contenu n’est pas apporté par ce processus certes, mais ce n’est pas non plus qu’une histoire de forme. Son objectif n’est pas d’être joli. Un bon graphiste peut réaliser une super œuvre, mais si le client trouve ça juste esthétique, il passe à côté de sa mission. En revanche, si le facilitateur graphique illustre, fait réfléchir et met en évidence les bonnes questions, là il a réussi. Il faut que les participants à la fin se disent « c’est ce qu’on s’est dit, et je le pige/retient mieux comme ça».

  • La facilitation peut devenir un outil au quotidien pour les managers ou reste-t-elle ponctuelle (projet, séminaire, workshop…etc.) ?

Quelque soit la réunion, la taille des équipes…etc. la facilitation graphique permet de gagner en efficacité. Je trouverais ça assez génial si dans toutes les réunions, une personne prenait des notes pour les autres. Les participants co-construisent en live un support/une base pour avancer ou se mettre d’accord. Chaque réunion serait plus rapides, efficaces.

  • Tout le monde peut – être facilitateur graphique ?

Oui d’une certaine manière. Il faut juste savoir sélectionner ce que les gens se disent d’important et noter sur le Paper board.

Pour devenir un bon facilitateur graphique il faut ensuite arriver à manipuler simultanément le switch « j’entends » et « j’écoute/je capture » . Dans un fil de discussion, il faut repérer les formules qui précédent un message clé, ensuite l’idée à retenir (petite alarme dans le cerveau pour la repérer) et ne pas oublier le ton pour nous aider à en comprendre le sens. Au-delà de cette analyse, si on est confronté à un flow de détails parmi les messages important, avec un débit monocorde, le secret est de repérer le temps passé sur un sujet. Si on parle 20min de X, X devient un sujet clé.

Fondamentalement tout le monde peut devenir facilitateur graphique, l’essentiel est de vouloir rendre service.

  • En quoi consiste la formation de facilitation graphique ?

C’est un stage de 1 à 3 jours où l’on sensibilise les participants à la fois sur la forme et sur le contenu. On apprend à être pertinent quand on peut capturer ce qui est important pour les gens.

Il y a un premier travail sur la forme. On doit apprivoiser les outils que sont les feutres. Apprivoiser la posture « Debout, Ecrire et dessiner debout sur un support vertical ». Et puis n’oublions pas que c’est un service que l’on rend, donc il faut avoir un minimum de propreté dans le vocabulaire visuel typographie, les liens, les contenants, les modèles…etc.

On regarde ensuite ce qu’on appelle la grammaire visuelle, la modélisation, la gestion de l’espace, les métaphores utilisées, qui ajoutent un niveau de lecture supplémentaire.

Voici par exemple ce que j’ai fait pour illustrer une conférence d’Isaac Getz sur l’entreprise libérée qui est utilise la métaphore du lien.

IsaacGetz

Pour conclure en quelques mots, j’adore mon job ! Et si vous souhaitez vous sensibiliser à la facilitation graphique, je vous recommande deux livres :

« Dites le en image » aux éditions Eyrolles, publié en 2013 (G.Lagane/B.Lebelle)

« Encyclopédie visuelle : 1400 dessins, croquis, pictos, crobards au service de vos idées » aux éditions Eyrolles, publié en 2015 (G.Lagane/B.Lebelle/N.Gros) 

By | 2017-04-14T15:13:07+00:00 août 5th, 2015|blog, blog_leaders|0 Comments

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