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Happy Leadership Moment – 29 mars 2016 – Demain, tous intrapreneurs !

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L’intrapreneuriat est à la mode, pourtant, il n’a rien d’un concept récent loin s’en faut. Mais, à l’heure où les entreprises, petites et grandes, s’interrogent toutes sur leur capacité à rester/redevenir innovantes et agiles dans un environnement très concurrentiel, l’intrapreneuriat a de belles heures devant lui. Mais comment, en pratique, peut-on encourager ces attitudes et ces comportements ?

C’est pour en parler concrètement que notre premier Happy Leadership de l’année y était consacré, avec des experts du sujet étant eux-mêmes intrapreneurs : Jean-Jack Jehan, fondateur d’Aniweedoo et lauréat du premier concours d’intrapreneurs La Poste et Fabrice Poussière, Directeur de l’innovation à la SNECMA. Farid Lahlou, fondateur de la startup de Des Bras en Plus était également présent en tant que coach d’intrapreneurs.

L’intrapreneuriat, c’est…

« L’intrapreneur est le membre d’une grande entreprise qui, en accord avec elle et tout en restant salarié de son entreprise, possède un projet viable intéressant l’entreprise et qu’il peut réaliser en son sein. Il est celui qui transforme une idée en activité rentable au sein d’une organisation. » Advencia, avril 2008

30 ans après la création du post-it par 3M, on n’a jamais autant parlé d’intrapreneuriat que ces derniers mois. Aujourd’hui encore, l’histoire d’Arthur Fry fait toujours rêver les entreprises à la recherche du produit innovant qui révolutionnera leur marché et du collaborateur qui en aura eu l’idée (#doublelicorne).

Nouvelles générations, nouvelles aspirations

Le rapport au travail est en profonde mutation. Le Rapport Deloitte de 2013 sur les tendances RH prévoyait qu’en 2020, la moitié des personnes sur lesquelles une entreprise s’appuie pour développer son activité ne travaillerait pas pour elle de manière salariée.

Une tendance sociologique lourde pousse les individus à adopter des statuts d’entrepreneurs ou mixtes. D’ailleurs, 47% de la génération Z (née après 1995) aimerait créer son entreprise selon l’étude The Boson Project-BNP Paribas réalisée l’année dernière, sans doute parce que l’entreprise évoque le « stress », « l’indifférence » et le « dégoût » pour respectivement 36%, 26% et 13% des personnes interrogées.

Générations CYOB (« Choose your own boss ») et DYOJ (“Design your own job”), les nouveaux talents rêvent d’autonomie et de confiance et fustigent la rigidité et le manque de créativité des grandes entreprises. Les valeurs auxquelles les talents se referaient hier ne sont aujourd’hui plus les mêmes. Désormais, ils souhaitent contribuer, donner leur avis, partager leurs idées. Ils perçoivent l’entreprise comme un lieu de vie au-delà d’un lieu de travail, et chacun voit son parcours professionnel comme une source d’apprentissage permanent.

Ces entreprises qui ont fait le pari de l’intrapreneuriat

L’intrapreneuriat permet à la grande entreprise de satisfaire les aspirations grandissantes des salariés à l’autonomie. Et à regarder le profil de nos intervenants intrapreneurs de leur statut, on se dit que ces aspirations ne touchent pas que les moins de 30 ans, bien au contraire.

Comme l’explique Jean-Jack, ancien cadre de la Poste qui a troqué son emploi pour celui de fondateur d’une société de pet-sitting. Il le dit lui-même, il avait toujours eu cette envie de se lancer, sans jamais oser. Alors, quand La Poste a mis en place le programme « 20 projets pour 2020 », il n’a pas hésité une seule seconde. Accompagné par un jeune entrepreneur membre du MoovJee, Farid Lahlou, fondateur de la startup Des Bras en Plus, Jean-Jack se dit être devenu « un pirate » au sein du groupe La Poste, un rebelle avec une lettre de mission délivrée par le PDG qui lui donne carte blanche pour développer son concept. A commencer par le nom du service, Aniweedoo, un service La Poste certes, mais un service dont Jean-Jack est le concepteur et qui lui permet de choisir le nom qu’il souhaite.

Fabrice Poussière est aujourd’hui directeur du Fablab de la SNECMA, ce mastodonte de l’industrie aéronautique mais également un ancien intrapreneur du groupe Alcatel-Lucent. Passionné par le sujet, il fait émerger les intrapreneurs du groupe en mettant à leur disposition les ressources matérielles nécessaires à la réalisation de leurs idées. Fabrice insiste sur la nécessaire motivation de la direction à développer un programme/une culture intrapreneurial/e, associée à un niveau de ressources suffisant pour les accompagner, sous peine de créer un effet d’annonce et de la frustration.

Pourquoi ces entreprises ont elles décidé de se lancer dans l’intrapreneuriat ?

L’intrapreneuriat n’est pas un phénomène de mode. Pour les entreprises engagées depuis longtemps telles que Gore, 3M, Google, Orange, ou plus récemment comme La Poste, EXKI ou encore la SNECMA, l’intrapreneuriat est un vivier d’innovation et d’engagement parce qu’il :

  • Permet de créer des opportunités business pour l’entreprise en s’appuyant sur sa ressource première, les gens qui la composent ;
  • Est un moyen de reconnaître, de valoriser et de capitaliser sur la capacité d’initiative des salariés ;
  • Permet de susciter de l’engagement : l’intrapreneuriat est un shift culturel. Il développe positivement la marque employeur, en devenant un levier d’engagement et en renforçant le sentiment d’appartenance des collaborateurs.
  • Permet de détecter des talents hors des sentiers battus, entrepreneurs et collaboratifs ;
  • Décloisonne l’innovation en considérant que tout le monde peut avoir une bonne idée.

Des ressources oui, mais des postures d’abord

Reconnaitre l’utilité de l’intrapreneuriat pour l’entreprise n’est pas suffisant pour dynamiser de façon pérenne l’innovation et la créativité des personnes. Comme le dit Fabrice Poussière, les ressources matérielles sont indispensables. Les postures le sont tout autant.

Si l’intrapreneuriat est un véritable levier managérial, il l’est par la ré-interrogation profonde du fonctionnement « traditionnel » de l’entreprise.  Certes, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, on peut essayer d’innover dans une structure classique,  mais c’est comme essayer de faire de l’électricité avec une bougie.

L’intrapreneuriat se heurte souvent aux carcans de l’entreprise : le doute, le manque de confiance, la critique, l’isolement, l’ignorance…Pour développer une culture intrapreneuriale efficace et qui dure, l’entreprise doit au préalable :

  • Autoriser l’échec : donner l’autorisation de prendre des risques, d’essayer des choses nouvelles et parfois inattendues, même si l’aboutissement est incertain…
  • Favoriser une culture du test and learn : parce que l’innovation agile c’est ne pas attendre qu’un projet soit totalement abouti pour le tester et l’améliorer de façon permanente…
  • Développer la parité relationnelle : l’intrapreneuriat fait émerger des profils de toutes les divisions, quel que soit leur statut, leur position dans la hiérarchie, parce qu’elles se sentent à parité et légitime de le faire
  • Faire du feedback le socle de l’apprentissage permanent : une culture intrapreneuriale joue le jeu de la communication transparente, actionne des discours motivants et des procédures d’évaluation claires. Cela contribue à créer un environnement à la fois stimulant et rassurant et favorise la prise d’initiative.

Les entreprises qui aujourd’hui réussissent le mieux à développer l’intrapreneuriat en leur sein sont apprenantes et participatives et portent haut l’importance de développer les talents de tous.

Pour finir, comme le dit Aude Bohu, directrice associée et executive coach chez Talentis qui animait cet Happy Leadership Moment

Si l’intrapreneuriat, qui finalement n’est pas un concept si récent se développe fortement actuellement, c’est peut-être parce qu’il rencontre aujourd’hui un nouveau courant d’aspirations professionnelles et personnelles de la part des salariés et des dirigeants qui impose une nouvelle forme de leadership et d’organisation, dans laquelle chacun peut contribuer dans une logique de parité quel que soit sa position dans l’organisation.

Pour aller plus loin sur le sujet, nous vous conseillons 

–  L’exemple du Crédit Agricole

– L’exemple de EXKI 

– L’exemple de PEPSI CO France

– La revue Gestion d’avril 2011 consacrée à l’innovation et l’intrapreneuriat (articles payants

By | 2017-04-14T15:42:44+00:00 mars 29th, 2016|blog, blog_leaders, évènements passés|0 Comments

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